Uliastay à Karakhorum en Mongolie ( 7 )

ULIASTAY – KARAKHORUM

L’article précédent ayant été écrit dans l’urgence (on ne sait jamais quand on va trouver un point internet) je vais essayer aujourd’hui de m’appliquer et de vous parler un peu de la Mongolie, ce pays grand comme 2 fois la France et peuplé seulement de 17 millions d’habitants. La Mongolie, c’est le pays des grands espaces, où steppes, montagnes escarpées, vallées verdoyantes et désert alternent sans transition. Un voyage en Mongolie, c’est une occasion unique de découvrir un pays et un mode de vie qui n’existe plus dans le monde actuel. La vie quotidienne des Mongols est organisée au rythme de la nature et leurs principales préoccupations sont le climat, la santé des troupeaux et la constitution des réserves de nourriture. Il faut préciser que l’hiver, il fait entre –20 et –60°. Je vous parle évidemment de la vie dans les campagnes, à OULAN BATOR, la capitale, ville d’un million d’habitants, la vie doit être différente. Je vous en parlerai quand nous y serons arrivés. Ici, on se sent un peu comme un explorateur découvrant des territoires vierges, d’autant plus que notre façon de voyager nous permet de nous rendre dans des endroits isolés, loin des zones touristiques et d’avoir un contact direct avec la population. Nous sommes très bien accueillis, bien sur, il y a le problème de la langue, mais on arrive toujours à communiquer. La Mongolie, longtemps sous l’emprise soviétique, commence tout juste à s’ouvrir au tourisme et les conditions d’ accueil et infrastructures hôtelières sont encore limitées. On s’arrête prés des yourtes, on distribue des petits cadeaux, quelques vêtements, du sel marin, des produits de toilette, des bouteilles d’eau, et on a en retour un petit présent, du fromage ou du lait de jument qu’on ne peut pas refuser. Le soir, au bivouac, nous avons parfois la visite de mongols (toujours des hommes) qui viennent en voisins s’inviter à notre table, c’est leurs coutumes et cela ne nous gène pas. Il nous est arrivé une petite aventure qui sera pour nous un joli souvenir : suite à une erreur de navigation, en quittant ULIASTAY, nous n’avons pas pris la bonne direction. On s’est vite rendu compte de notre erreur mais on espérait qu’au bout, il y aurait une autre piste qui nous permettrait de traverser la montagne pour arriver au point voulu, et puis cette piste traversait une région si belle, longeant une rivière, qu’on avait pas envie de rebrousser chemin….Au bout de 90 kms, il a fallu se rendre à l’évidence, c’était un cul de sac et on devait faire demi tour. La poisse .…on s’arrête prés d’une yourte, on se renseigne sur un éventuel passage dans la montagne et 2 hommes nous proposent de nous montrer le chemin. Ils montent sur leurs chevaux et nous escortent, passage à gué, puis escalade de la montagne, nos 4x4 escortés par les 2 cavaliers, le spectacle est grandiose…..sauf qu’une voiture ne peut pas rivaliser avec un cheval dans ces conditions, la nuit tombe, il commence à pleuvoir, nous sommes à flanc de montagnes, la situation n’est pas des plus confortables, on finit par renoncer et redescendre dans la vallée. Sur le chemin du retour, on demande asile pour la nuit dans un camp, heureusement il y a des « chambres » libres. On est à 3000 m, il pleut et il fait froid et on est bien contents de trouver cet endroit dont on ne connaît pas exactement la nature. Mais on est accueillis avec beaucoup de gentillesse et de spontanéité, un mongol sonne le clairon, on nous invite sous un kiosque et tous les habitants du camp viennent nous retrouver pour boire des bols de lait fermenté, ressemblant à du yaourt. C’est un peu la fête, ils ne doivent pas rencontrer des touristes « égarés » très souvent. On nous offre ensuite un repas chaud, pommes de terre, carottes, riz et mouton, et on nous accompagne à nos « chambres ». Nous quittons le camp le lendemain matin mais n’oublierons pas ce moment de partage et d’émotion. Le bivouac suivant se fait dans un endroit idyllique sous les pins et au bord d’une rivière, où on peut se laver et laver le linge. Nous faisons un grand feu de bois et 2 voisins nous apportent un gros morceau d’arbre. On sert la vodka… et passons une bonne soirée. Le lendemain sur la piste de KARAKHORUM nous assistons à un spectacle magnifique, le départ pour la transhumance des troupeaux de yacks, moutons et chevaux, précédés des chameaux portant les yourtes. C’est très beau ! tous ces moments nous font un peu oublier la fatigue, la poussière et le manque de confort. En Mongolie, il n’y a pas grand chose à visiter, à part quelques monastères et des musées à OULAN BATOR, la capitale. Ici, on vient pour la nature, la vie des nomades, les hordes de chevaux, l’immense désert de GOBI et les amoureux des grands espaces vierges sont comblés ! C’est aussi l’endroit rêvé pour tous les amateurs de pistes et qui en ont assez de sillonner le Maroc et la Lybie. Nous aurons fait 4000 kms de pistes (très difficiles) quand nous quitterons la Mongolie.

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